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Burundi: le président Nkurunziza s’obstine à briguer un 3ème mandat malgré les mises en garde

(Agence Ecofin) - Le président burundais Pierre Nkurunziza, qui n’a jamais fait mystère de son intention de briguer un troisième mandat en juin, a opposé, le 14 février, une «fin de non-recevoir» à une lettre qui lui avait été adressée par le collectif «Campagne citoyenne Halte au 3e mandat» regroupant plus de 300 associations de la société civile.

Ce collectif avait adressé le 4 février une lettre discrète au chef de l’Etat burundais lui enjoignant de «s’abstenir de briguer un troisième mandat». En l’absence d’une réponse de sa part, le collectif rendu public le contenu de cette lettre qui mentionne que des «violences évidentes seront évitées» si le président Nkurunziza renonce à présenter sa candidature pour un nouveau mandat.

«Nous opposons une fin de non-recevoir à cette correspondance parce que le président Pierre Nkurunziza s’est déjà exprimé à plusieurs reprises  et a toujours dit que c’est son parti le Cndd-FDD qui choisira son candidat, dans le respect de la Constitution», a réagi le conseiller principal de Nkurunziza chargé de la communication Willy Nyamitwe. «Quiconque appellera les gens à descendre dans la rue pour tout casser sera considéré comme un fauteur de trouble et sera traité comme tel (...) car le peuple burundais aspire à la paix et ne restera pas les bras croisés», a-t-il ajouté.

Au Burundi des élections communales et législatives sont prévues en mai. Elles seront suivies d’une présidentielle en juin. S’appuyant sur un article ambigu de la Constitution, le président Nkurunziza a déjà annoncé son intention de briguer un troisième mandat. Evoquant eux aussi des dispositions de la Constitution ainsi que les accords de paix d’Arusha (Tanzanie) qui avaient ouvert la voie à la fin de la guerre civile ayant déchiré le pays pendant 13 ans, l’opposition, la société civile et l’église catholique s’opposent à la candidature de Pierre Nkurunziza à un troisième mandat.

Signés en 2000, les accords d’Arusha énoncent clairement qu’aucun président burundais ne peut diriger le pays plus de 10 ans.

  

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