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Burundi: l'UE estime que la candidature du président Nkurunziza à un 3e mandat comporte des risques

(Agence Ecofin) - L'ambassadeur de l'Union européenne (UE) au Burundi, Patrick Spirlet, a estimé le 5 mars que la candidature du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandant constitue un facteur de risque dans ce pays. «Il est certain que dans notre analyse, la présentation pour un troisième mandat du président actuel peut créer un certain nombre de tensions et présenter un certain nombre de risques», a déclaré le diplomate européen lors du dialogue politique mensuel entre les deux parties.

«C’est pour ça que nous avons fait un appel au gouvernement pour qu’il aborde cette question avec beaucoup de prudence en essayant de favoriser une position si ce n’est consensuelle, en tout cas apaisée entre tous les points de vue pour éviter que cette question détériore le climat politique», a-t-il ajouté.

Le président Nkurunziza, qui n’a jamais fait mystère de son intention de briguer un troisième mandat en juin, avait opposé, mi-février, une «fin de non-recevoir» à une lettre qui lui avait été adressée par le collectif «Campagne citoyenne Halte au 3e mandat» regroupant plus de 300 associations de la société civile.

Au Burundi des élections communales et législatives sont prévues en mai. Elles seront suivies d’une présidentielle en juin. S’appuyant sur un article ambigu de la Constitution, le président Nkurunziza a déjà annoncé son intention de briguer un troisième mandat. Evoquant eux aussi des dispositions de la Constitution ainsi que les accords de paix d’Arusha (Tanzanie) qui avaient ouvert la voie à la fin de la guerre civile ayant déchiré le pays pendant 13 ans, l’opposition, la société civile et l’église catholique s’opposent à la candidature de Pierre Nkurunziza à un troisième mandat.

Signés en 2000, les accords d’Arusha énoncent clairement qu’aucun président burundais ne peut diriger le pays plus de 10 ans.

Réagissant à la mise en garde de l’UE, le ministre burundais des Relations extérieures, Laurent Kavakure, a estimé que Bujumbura n’est pas obligée de respecter à la lettre les accords d’Arusha. «Pour nous, il est important de tenir compte de la Constitution. L'accord d'Arusha, c'est un accord historique il est vrai (...), mais qui pour nous ne doit pas être considéré comme la Bible», a-t-il déclaré. Et d’ajouter : «S’agissant du fait que la candidature de M. Nkurunziza à un troisième mandat constitue un facteur de risque et d’instabilité, je pense que nous sommes les mieux placés pour évaluer les risques et trouver des solutions». 

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