You are here

L’accord Benyamin Netanyahou-Paul Kagame : une grave menace sécuritaire pour les populations de l’Est de la RDC

C’est depuis plusieurs semaines déjà que l’Etat hébreux a remis sur la table sa politique d’expulsion massive des réfugiés se trouvant sur son sol. A l’instar des pays du Maghreb et d’Europe, Israël a connu aussi, de son côté, plusieurs vagues successives des réfugiés africains au cours de deux dernières décennies dont principalement les Erythréens et les Soudanais.   Mais Israël a toujours refusé de les accueillir durablement sur son territoire.

Parallèlement, on le sait bien, il n’est pas du tout facile d’être Palestinien dans un « Etat juif ». Mais la révolte des juifs d’origine éthiopienne appelés des Falacha nous rappelle qu’il ne suffit pas d’appartenir au judaïsme pour ne pas être discriminé. Et que, même étant juif, il vaut mieux être plutôt Blanc que Noir dans un pays dont la division ethnique et sociale est par ailleurs légitimée par le gouvernement de Benyamin Netanyahou.

La semaine dernière, le gouvernement israélien s’est encore distingué, à travers un communiqué de son ministère de l’Intérieur, en lançant un programme d’expulsion massive d’à peu près 38.000 réfugiés généralement des Africains. Ceux-ci vont devoir faire un choix très difficile entre quitter volontairement Israël avec un pécule de 3.000$US en plus d’un billet d’avion gratuit ou, au cas de refus, être arrêtés et jetés en prisons.

Ce qui surprend le plus est le fait que le gouvernement israélien a décidé d’expulser les Erythréens, les Soudanais ainsi que tant d’autres nationalités non pas vers leurs pays d’origine, mais plutôt et curieusement, de les diriger vers le Rwanda ainsi que l’Ouganda. Le choix express de Benyamin Netanyahou pour ces deux pays n’est pas du tout fortuit. Il est plutôt bien étrange et mérite de susciter notre attention.

On se souviendra qu’en septembre 2015, l’Initiative Internationale pour les Droits de Refugiés (IRRI), une ONG internationale, s’était indignée en publiant un rapport très préoccupant dans lequel elle dénonçait l’accord opaque et confidentiel entre Israël, l’Ouganda et le Rwanda qui permettait à l’Etat hébreux de renvoyer des dizaines des milliers de réfugiés expulsés vers ces deux pays africains précitées.

Cet accord, pour le moins étrange, signé principalement entre Israël et le Rwanda doit interpeller la conscience patriotique de tout Congolais digne de ce nom d’autant plus que nous connaissons les visées de Paul Kagamé dans la Région des Grands Lacs Africains. En effet, nous nous posons la question de savoir comment un tout petit pays comme le Rwanda qui n’a plus d’espace pour contenir sa propre population, et qui souffre d’une démographie extrêmement élevée, pourra-t-il accueillir sur son territoire un flux aussi massif des réfugiés étrangers ? Pendant ce temps, les mêmes autorités rwandaises refusent obstinément à rapatrier ses propres ressortissants, de centaines des milliers des Hutu Rwandais qui se sont réfugiés en RDC depuis 1994.

Il ne serait pas aberrant de penser que cet accord israélo-rwandais fera gagner au régime de Paul Kagame des contrats juteux et des subventions conséquentes de la part du gouvernement de son ami Benyamin Netanyahou. Interrogé par un journaliste du « Time of Israel », Paul Kagame a dit qu’il n’était pas encore au courant (sic!) de tous les détails mais néanmoins, il a confirmé que les pourparlers ont bel et bien eu lieu entre les deux gouvernements. Comprenne donc qui pourra !

Le site de RFI/Afrique affirme que les 10.000 Soudanais et Erythréens d’Israël qui seront expulsés vers le Rwanda recevront 5.000$US chacun. (http://www.rfi.fr/afrique/20171129-israel-va-ouvrir-une-ambassade-kigali-rwanda)

Le président rwandais Paul Kagame est l’un de principaux alliés de Benyamin Netanyahou en Afrique et à ce titre, le Rwanda s’était notamment abstenu lors d’un vote au Conseil de sécurité de l’ONU sur un projet de résolution qui demandait la fin de l’occupation israélienne des territoires palaisiens.

Aujourd’hui, il n’est un secret pour personne que les différents groupes armés opérationnels à l’Est de la RDC ont été et sont aujourd’hui encore la création de Paul Kagame et d’Hippolyte Kanambe alias « Joseph Kabila » pour aider à l’installation de ces populations en RDC (http://benilubero.com/des-erythreens-et-soudanais-a-la-porte-du-nord-kivu/).

Il est donc à craindre que ce sursaut avec un relent humanitaire de Paul Kagame cache en réalité un vaste plan macabre dont le processus d’envahissement de tout ou d’une partie du grand Kivu en vue de l’estocade finale aura pour conséquence à court terme la balkanisation de la RDC. Les différents groupés armés sous les ordres de Kagame qui vont mener des opérations militaires pour chasser les populations autochtones congolaises de leurs villages se transformeront certainement en une sorte de colonies d’exploitation peuplées par ces Erythréens et ces Soudanais qui, sur place, vont travailler pour le compte du Rwanda.

Ainsi, nous appelons toute la population congolaise en général et les politiciens congolais en particulier à faire montre d’une vigilance de tous azimuts pour signaler et dénoncer toute arrivée massive et successive de personnes étrangères sur nos terres.

Fait à Paris le 10 janvier 2018.

Vice-Président National & Porte-parole.

José Yango W’Etshiko

Tags: