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Que pouvons-nous attendre des ELECTIONS PRESIDENTIELLES prévues au Rwanda en 2017

PPR-Imena

En jetant un coup d’œil attentif dans la constitution Rwandaise, l’on va vite remarquer que, dans son article 101, cette loi organique stipule : « Le président de la République est élu pour un mandat de sept ans renouvelable une fois. Nul ne peut exercer plus de deux mandats présidentiels ».

Mais alors, qu’est-ce que cela peut signifier pour les opposants au régime de Kagame, pour Kagame lui-même, pour la population Rwandaise; et, surtout, comment cet article 101 pourra être interprété par le noyau dur composé par de collaborateurs et amis inconditionnels du président… ?

* Kagame va-t-il changer la constitution ?

* Kagame va-t-il rester dans l’ombre pendant un petit temps ?

* Va-t-il céder la présidence pour occuper d’autres fonctions au Rwanda ?

* Va-t-il céder le pouvoir pour faire carrière à l’étranger ?

* … … ?

L’on peut se poser une multitude de questions évidentes sur son avenir politique après 2017, mais, en épluchant certains documents, l’on peut se hasarder à dire que le pronostic à ce sujet est sans équivoque : « Kagame est, et veut rester le grand TSAR à la rwandaise».

Et, ce ne sont pas les scénarios (non exhaustifs) qui manquent pour étayer mes propos :

Scénario 1 : On change la constitution

Arrivé au pouvoir en juillet 1994 en tant que (vice-)Président, ministre de la défense, chef d’état major, … , il était, depuis lors (et ce n’est pas moi qui le dit), l’homme FORT de Kigali.

Ainsi, l’on peut déclarer, sans aucun risque de se tromper qu’en juillet 2017, il aura totalisé ses 23 ans de pouvoir sans partage.

Comme la constitution en vigueur ne prévoit que 2 mandats présidentiels, pour la « respecter », paradoxalement, la modification de l’article 101 s’avèrerait comme une condition suffisante mais pas nécessaire puisque, à Kigali, personne n’oserait lever sa main (au sein du parlement ou sénat Rwandais) pour poser une quelconque question pouvant mettre en cause le TSARISME de Kagame. Mais, purement et simplement pour question de se conformer à la loi, disons que la modification de cet article leur donne l’occasion (à ne pas rater) de tailler, encore une fois, la constitution à la manière du FPR et de son AFANDE Kagame.

Scénario 2 : Kagame à la sauce « russo-POUTINE »

Pour information, la constitution russe stipule, en son article 81 : « Une même personne ne peut exercer la fonction de Président de la Fédération de Russie pendant plus de deux mandats consécutifs ».

Eh bien voilà, pour Mr Vladimir Poutine, après avoir terminé ses 2 mandats consécutifs, la constitution de son pays ne lui permettait pas de poser encore une fois sa candidature à la présidence de la Russie. Cependant, force nous est de souligner que les arrangements plus qu’amicaux ont permis à Poutine de placer son poulain Dmitri Medvedev à la présidence.

Il a fait semblant de jouer le rôle de premier ministre tout en restant le CHEF d’ORCHESTRE.

Résultat des courses : Poutine est revenu, 4 ans après, à sa fonction de Président.

Qu’on se le dise, cette méthode est fort bien connue par Kagame, n’est-ce-pas ?

C’est bien Kagame qui, lorsque Pasteur Bizimungu était considéré comme chef de l’état (faisant fonction, j’ose le dire) et Faustin Twagiramungu comme (soi-disant) premier ministre, est arrivé à se glisser dans un costume de vice-président et à phagocyter toutes les instances légales. A cette époque, il était débutant ; maintenant, il connait la recette par cœur.

Rappelons, de passage, que la vice-présidence n’était prévue ni dans la constitution de cette époque, ni dans les accords d’Arusha signé en août 1993. Qu’on se rappelle que cette fonction de Vice-Présidence a cessé d’exister lorsque Kagame a pris le titre de Président. Cherchez l’erreur.

Ceci étant dit, comme il a cette expérience de faire l’ombre à tout dirigeant Rwandais (voire même à certains de ses homologues africains), ce scénario ne lui ferait aucun mal puisqu’il lui permettrait de garder ses mains libres tout en restant le MAESTRO omnipotent, omniprésent et omniscient ( !!!)…

Scénario 3 : Céder le pouvoir et créer le chaos

Nombreux sont les présidents africains qui, du bout des lèvres, acceptent de partir, cherchent par la suite à créer le vide du pouvoir en sabotant les nouveaux arrivants et, suite à ce chaos savamment orchestré, récupèrent le pouvoir en se faisant passer pour de dieux providentiels. C’est ainsi que le jargon « PERES ou SAUVEURS de la nation » est devenu l’hymne dans de chants populaires composés à la gloire de ces dictateurs.

Pierre Buyoya du Burundi ou Denis Sassou Nguesso du Congo-Brazza (pour ne citer que ces 2 cas simples), sont d’illustres modèles qui peuvent inspirer Kagame et il en a les moyens.

Nous risquons donc d’assister, à la fin du mandat de Kagame et juste avant la campagne électorale, à une simulation d’attaques et d’attentats perpétrés ici et là au Rwanda par ses hommes afin de discréditer l’opposition démocratique et accuser une certaine « rébellion » imaginaire. Ils auront à en inventer le nom et, dans ce brouillard, les partisans FPRiens supplieront leur Seigneur Kagame qui, par sa miséricorde patriotique, aura à se sacrifier grâcieusement pour son peuple élu.

Scénario 4 : Kagame dans une institution internationale

Il est vrai que, si Kagame quittait le pouvoir et restait au Rwanda (encore faut-il déterminer le ROLE qu’il aura à jouer), son remplaçant éventuel ne serait qu’un simple FIGURANT.

* Peut-il accepter de devenir un simple sénateur ? Pas, du tout.

* Va-t-il reprendre la vice-présidence sous l’autorité de quelqu’un d’autre ? Je ne pense pas.

Il ne lui reste alors qu’une piste de sortie honorable : une carrière à l’étranger.

Comme ses amis occidentaux le prennent pour un bon et grand stratège, lui trouver un job dans la cour des grands ne serait qu’un jeu d’enfant, non ?

Et ce ne sont pas d’institutions de la communauté internationale qui manquent.

Il aurait, probablement, à s’y plaire en croisant régulièrement ses amis Bill Clinton, Tony Blair, Louis Michel, …

Mais attention, vu sa taille (!!!), il va falloir que l’on lui trouve une « mission à sa hauteur ».

Reste maintenant à savoir s’il pourrait l’accepter ou si, par hasard, il l’acceptait, pourrait s’y adapter si jamais on l’empêchait de chasser les mouches avec ses grands marteaux.

Conclusion

La constitution Rwandaise acceptant le multipartisme et la liberté d’expression, j’ai osé ici me poser, à haute voix, quelques simples questions tout en essayant d’avancer quelques hypothèses sur ce qui pourrait nous arriver d’ici 2017.

Ah oui, j’allais oublier : Kagame est entrain de construire une forteresse dans la ville de Kigali. Va-t-il laisser son bunker à quelqu’un d’autres soi-disant que le mot « démocratie » rime avec les « élections libres » donnant à tout candidat sa vraie chance ?

Le souhait qui est mien est que, en 2017, de vrais partis politiques s’engagent dans un vrai débat contradictoire en se penchant sur de vrais problèmes de la société Rwandaise, afin de nous éviter, démocratiquement, de pseudo-élections que connaît le Rwanda depuis son indépendance.

Il faut donc mettre le curseur au bon endroit et ne plus chercher à empêcher la population Rwandaise de respirer, ni de soutenir qui elle veut.

Tenez ; tant qu’on y est : Pourquoi ne pas formuler une simple prière pour que notre souverain Kagame fasse un geste en libérant ses opposants politiques tels Victoire Ingabire, Déo Mushayidi, … C’est un geste simple dans le sens de l’humanité et qui serait longuement applaudi par ses bailleurs de fonds ainsi que par ses détracteurs se trouvant dans tous les quatre coins du monde.

Ce serait vraiment une chance qui lui permettrait de se réconcilier (même en le faisant avec le dos de la cuillère) avec ceux qui, au Rwanda comme ailleurs, le considèrent comme un tyran, …

Saint Paul, priez pour nous.

Fais à Bruxelles, ce 17 octobre 2014

Pour PPR-Imena,

Alfred Nkurunziza

Source: www.pprimena.com

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