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RDC : DEBUT DE L'OFFENSIVE DES FARDC CONTRE LES FDLR DANS L'EST

Attendue depuis fin janvier, l’opération de l’armée congolaise contre les combattants des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) semble s’amorcer ce mardi avec le lancement d’une offensive au Sud-Kivu.

Annoncées le 29 janvier par le général Didier Etumba, chef d'état-major général de l'armée congolaise, "les opérations contre les FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda) ont commencé au Sud-Kivu tôt ce matin (24 février) et vont durer aussi longtemps que ces gens vont résister", a déclaré à l’AFP un officier des Forces armées de la RDC (FARDC). 

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Sans le soutien de la MONUSCO

L’opération en cours se déroulerait autour du territoire d'Uvira, dans le sud de la province du Sud-Kivu. Elle serait menée par le général de brigade Espera Masudi dans le secteur de Mulenge, sur les moyens plateaux d'Uvira. "On entend des détonations ici à Lemera, à une trentaine de kilomètres de Mulenge", a témoigné Innocent Ndaheba, responsable de la Société civile (qui regroupe des associations, des ONG et des syndicats) de la région, selon lequel les FARDC se déployaient "depuis deux jours".

Kinshasa avait refusé à la mi-février l’aide proposée par la Mission des Nations unies pour la stabilisation en RDC (Monusco). Cette dernière avait promis un soutien logistique, stratégique et opérationnel dans la lutte contre les FDLR, avant elle même d’y renoncer en raison du refus des autorités congolaises de remplacer deux généraux, Bruno Mandevu et Sikabwe Fall, chargés de piloter les opérations alors qu'ils sont, selon l'ONU, accusés de graves exactions.

Rassurer la communauté internationale

Le lancement de l’opération intervient au lendemain de l’annonce de la démission de Russ Feingold, représentant des États-Unis dans la région des Grands-Lacs. Ce dernier était généralement très critique sur la volonté réelle de Kinshasa de lutter contre les FDLR. Le gouvernement de la RDC était également soupçonné par les Rwandais de connivences avec les rebelles, notamment en raison des tergiversations de Kabila qui avait déjà refusé de donner son aval à une opération conjointe FARDC-Monusco début janvier.

Les FDLR compteraient entre 1 500 et 2 000 combattants, principalement disséminés dans les provinces riches des Nord et Sud-Kivu, instables depuis 20 ans, où les soldats et miliciens ont commis de graves violations des droits de l'homme (meurtres, viols, enrôlements d'enfants, pillages...).

La communauté internationale avait laissé aux FDLR six mois, jusqu'au 2 janvier, pour déposer les armes et faire reddition, mais à peine 300 combattants s'étaient rendus, dont aucun des chefs recherchés par les justices rwandaise et internationale.

 

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